Lucas Pouille persiste et signe

Lucas Pouille s’offre la première victoire de sa carrière sur le circuit principal en tapant le n°10 Dominic Thiem 7/6[5] 6/2 à l’Open de Moselle.

lucas pouille premier titre atp 250 open de moselle 2016

Motivé comme jamais (Photo : Arnaud Briand)

Lucas Pouille est heureux et on le comprend. Un premier titre qui couronne une saison où il a explosé ses objectifs, c’est la gourmandise que l’on s’octroie lorsque l’on a le sentiment du devoir accompli. Une première victoire en France, gage aussi d’une exposition et d’une reconnaissance auprès du grand public méritée. Une fois de plus, les qualités mentales et physiques de Pouille ont fait la différence après un week-end « Coupe Davis » que l’on imaginait plus indigeste que cela. Il n’en a rien été.

Lucas Pouille garde le meilleur pour la fin

Après deux duels consécutifs fratricides face à Julien Benneteau et Pierre-Hugues Herbert, le français de 22 ans a nettement augmenté son niveau de jeu pour évincer David Goffin pour la 3e fois cette saison puis l’une des confirmations de l’année Dominic Thiem (pour la seconde fois aussi). Les spectateurs étaient venus pour voir de la baston : ils en ont eu pour leur argent avec cette génération qui cogne fort, très fort. Pour tenir la comparaison avec le bûcheron autrichien et son tennis obusier, « La Pouille » s’est montré une fois de plus explosif, agressif et déterminé à terminer ses touches à la volée (14/18). C’est cette agressivité qui lui permit de prendre le 1er set au tie-break malgré un net problème à l’allumage (0-4). Da façon inattendue et sans raison apparente, Thiem lâcha au second set pour laisser tranquillement le français filer vers ce premier titre ATP.

Des progrès partout

La sensation que dégage Lucas Pouille est dans un premier temps physique. Au grès d’une préparation hivernale de haut niveau (lire ce papier de Mathieu Aeschmann), Lucas s’est considérablement renforcé pour transformer cette capacité en force. Etre capable de frapper de la sorte, d’accélérer coté coup droit comme revers et ceci pendant plusieurs heures comme – exemple tout à faire pris au hasard – face à Rafael Nadal constitue une base de démolition plutôt solide. Au service, cela tombe bien et sa maîtrise de tous les effets (notamment slice et lift) lui permet de glisser de temps à temps un kick and rush souvent efficace. Mais c’est bien sûr sur l’aspect mental que tout a changé au grès d’une défaite à Indian Wells au mois de mars. Perdu sur le terrain ce jour là face à Borna Coric, il reconnait alors se mettre trop de pression«Je n’arrivais pas du tout à jouer mon jeu et à m’exprimer sur le terrain, c’était dur à vivre.» En repartant de Californie, le Français n’est pas ménagé par son entraîneur. «Il m’a dit mes quatre vérités, ça m’a fait beaucoup réfléchir. Arrivé au Challenger de Guadalajara, j’ai tout de suite senti un petit déclic. J’ai réussi à switcher dans l’état d’esprit, la façon d’aborder les matches, les tournois. Ça m’a aidé à avancer.» La suite de l’histoire, tout le monde la connait désormais.

Le plus dur arrive et tant mieux

Le plus intéressant est désormais de savoir si les performances du futur numéro 1 français vont s’inscrire dans la durée et, surtout, comment il va gérer ce statut. Son entraîneur  Emmanuel Planque est pour le moment formel : aucun risque de prendre la grosse tête si le plan est respecté. On découvre notamment à travers cet article donné au Républicain Lorrain que le moteur tourne au travail, à l’humilité et à l’objectif. Une tête bien faite et un environnement sain. Ce n’est pas une surprise en soi car ces qualités transpirent à travers chaque match du jeune champion. La notoriété, les sollicitations diverses et des adversaires qui vont l’attendre au coin de la rue, voici ce qui risque de changer lorsque l’on passe de chasseur à chassé. Mais que dire de la chance qui va être la sienne de se frotter aux tous meilleurs devant des salles combles ? Souhaitons à Lucas le meilleur pour les mois et années à venir sans oublier ces valeurs.

A propos

Boulimique de tennis, je suis ce sport depuis désormais une vingtaine d'années. Signe distinctif : un gros coup droit, ça aide toujours ;-)

Publié dans ATP 500 / 250, National, Tournois français

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