Awords et flops 2016

On s’attendait à une énième saison dominée sans partage par Novak Djokovic et on se retrouve avec un rosbif aux commandes. 2016, une année chargée d’histoire.

juan martin del potro avec president argentine-mauricio macri coupe davis 2016

Un big Hug pour une performance qui l’est tout autant

Les doutes liés à cette saison ont mis un certain moment à se dissiper et c’est finalement au moment où le plus grand exploit de l’année est survenu que la planète tennis a basculé. Roland Garros, terre hostile et aride pour certains, théâtre de la victoire tant attendue pour l’incontestable numéro 1 du moment Novak Djokovic et point de départ de la chute du même homme. Entre la terre battue parisienne et les courts intérieurs de l’O2 Arena de Londres, c’est le dernier membre du l’ex Big 4 Andy Murray qui s’est glissé dans la course au trône au prix d’une seconde partie de saison époustouflante.

Andy Murray l’incontestable

N’étant jamais aussi bien servi que par soi-même, c’est en remportant la « Super Finale » aux Masters devant son public qu’Andy Murray a parachevé une seconde partie de saison démentielle. Lors de cette rencontre qui devait déterminer le meilleur joueur du monde 2016, le britannique s’est montré bien supérieur à son dauphin déchu de son trône début novembre. Les courbes de forme respectives s’étant croisées depuis un moment, une certaine logique est respectée dans la mesure où Murray a verrouillé à double tour tout accès à la première place mondiale. A l’instar de ses anciens compagnons de chambrée, Murray accède donc comme tous les autres au sommet et peut se tourner vers de nouveaux objectifs à sa portée pour 2017 : l’Open d’Australie (qui va arriver assez vite) puis Roland Garros en sachant qu’il est le finaliste sortant de ces deux tournois. De nouveaux objectifs, c’est bien ce qui a manqué à Novak Djokovic au cours d’une seconde partie de saison où de nombreux signes de lassitude mentale ont fait leur apparition. Face à un adversaire à sa (dé)mesure, on peut compter sur son orgueil de champion pour ré-attaquer la nouvelle saison avec aplomb et combativité. A deux unités des 14 Grand Chelem Sampras et de Nadal, le Djoker peut décemment les rattraper (voir même les dépasser) et rappelons-le : il n’a que 29 ans.

Del Potro et le retour que l’on attendait plus

En marge de la lutte entre Murray et Djokovic s’est glissé un caillou qui a fait trébuché les deux meilleurs joueurs mondiaux aux JO (Djokovic) et en Coupe Davis (Murray). Un caillou qui a provoqué bon nombre d’avalanches dont la dernière fatale aux Croates. Juan Martin Del Potro est enfin revenu aux affaires. Le vainqueur de l’édition 2009 de l’US Open est redevenu en l’espace de quelques mois le joueur de destruction massive que l’on connaissait. 1045e mondial début février (!), la poutre argentine termine l’année au 38e rang avec au passage des matchs de titan qui ont marqué l’année. L’Equipe ne s’est pas trompée en citant 5 rencontres l’impliquant parmi les 15 plus grands matchs de l’année. On retiendra bien sûr son parcours aux JO où il s’est défait de Djokovic puis de Nadal avant de livrer une bataille homérique face à Murray alors qu’il était cuit dès le 1er jeu du match. Mais sa plus grande performance restera sa victoire sur ce même Murray en 1/2 finale de la Coupe Davis au terme d’un match de 5h sur le score de 6/4 5/7 6/7[5] 6/3 6/4. Battre le britannique à ce niveau qui plus est sur ses terres constitue sans doute l’un des exploits à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire de la compétition. Histoire de terminer correctement le boulot, Del Potro remportera ses deux simples en finale face à la Croatie de Marin Cilic en livrant encore une bataille de toute beauté face au numéro 1 croate pour offrir son premier saladier d’argent à son pays pour lequel il donne tout. Un juste retour des choses pour un bon gars qui, on le lui souhaite, sera débarrassé à jamais de ces maudits soucis de poignet. Juan Martin Del Potro, le retour le plus enthousiasmant de l’année.

La Pouille nouveau fer de lance français

Dans les rangs français, c’est l’éclosion assez inattendue de Lucas Pouille qui a donné du relief à une saison une fois de plus dénuée de grands titres. On se demandait sur qui le tennis français allait bien pouvoir compter lorsque la génération 85-87 se retrouverait à la retraite. Source d’inquiétude en partie tarie avec le Nordiste qui a vécu une liste longue comme le bras de grandes « premières » : 1er titre ATP (à Metz), 1ère 1/2 en Master 1000 (à Rome), 1er 1/4 en Grand Chelem (US Open) et 1ère sélection en Coupe Davis (face à la République Tchèque). Toutes ces performances ont été accompagnées par des victoires sur des membres de Top 10 (5 au total), ce qui constitue là encore une nouveauté pour La Pouille. On retiendra bien sûr sa victoire 7/6 au 5e à l’US Open face à Rafael Nadal contre lequel ses qualités physiques et de combattant ont explosé au grand jour. Le plus dur attend désormais le 15e joueur mondial (91e en février) : confirmer et continuer de se frotter aux meilleurs pour grappiller des places et s’installer durablement en haut de la pyramide.

On retiendra la saison solide et régulière de Gaël Monfils dont on regrettera amèrement l’absence à Roland Garros pour cause d’infection virale. Une première victoire en ATP 500 (Washington), une finale en M1000 à Monté Carlo perdue face à Rafael Nadal et une 1/2 finale en Grand Chelem à l’US Open lui ont permis d’accéder au tournoi des Maîtres où il a été par contre inexistant (2 défaites et 1 WO). Cela fait plaisir de voir enfin le français à une place en adéquation avec son talent et son potentiel. Mais l’impression qu’il n’exprime pas encore à 100% son potentiel reste collante au point de rager lorsqu’on le surprend à faire n’importe quoi. Son coach Mikael Tillström semble néanmoins lui avoir beaucoup apporté sur l’aspect mental mais le chantier reste ouvert. On ose espérer que Monfils s’entoure un jour d’un ex champion car c’est la mode et que – surtout – cela fonctionne. On pense bien sûr à Boris Becker, libéré depuis peu de Novak Djokovic et dont l’association avec le Parisien est tout bonnement alléchante.

Un dernier mot sur la saison maussade de Benoît Paire. On en parlait l’année dernière et le pire est arrivé pour lui : perdre le plaisir de jouer et d’être sur le court. On ne va pas revenir sur les événements extra-sportifs dont il a été question et sa lente chute laissait présager le pire. Les plus assidus ont peut-être regardé le reportage d’Arnaud Romera sur la nouvelle association Paire-Asloum où l’on découvre son choix de se faire botter les fesses par l’ancien champion olympique mi-mouche français. Une intersaison qui va piquer pour l’Avignonnais et qui sonne comme un espoir pour redonner de l’éclat à une carrière fumiste teintée d’amertume et d’incompréhension. Donner des coups, en prendre, se relever lorsque l’on est sonné et surtout d’accrocher quoiqu’il arrive, voici le programme annoncé auquel Paire va devoir se soumettre. Peut-on décemment y croire ? Cela dépend de lui. Uniquement de lui.

Terminons cette récap’ 2016 sur une petite gâterie avec une vidéo de quelques points qui ont marqué l’année 2016. On vote par chauvinisme pour la demi-volée amortie sur balle de match de Richard Gasquet face au sympathique Jack Sock à Bercy. Le talent, c’est ça.

A propos

Boulimique de tennis, je suis ce sport depuis désormais une vingtaine d'années. Signe distinctif : un gros coup droit, ça aide toujours ;-)

Publié dans A la une, Discussions, Le journal des accros

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